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Il est plat, comme tout canal qui se respecte, il est rectiligne sur des distances insensées, il coule au milieu des étangs ou des marais, pas un arbre ne pousse sur ses berges, et pourtant il est beau ! Se promener sur le chemin de halage, c’est parfois circuler au milieu de la ville en site protégé, mais aussi, souvent se retrouver au milieu d’une nature pleinement sauvage à quelques kilomètres à peine de la civilisation.

C’est de l’eau, encore de l’eau, qui change de couleur avec l’heure du jour et la direction du vent; c’est de l’eau impassible qui parfois rencontre l’eau furieuse des petits torrents cévenols, ou encore se bat contre l’eau envahissante de la mer démontée toute proche...
C’est de l’eau bleue souvent, verte par vent de mer, grise sous la tempête, boueuse après l’orage. C’est les roseaux, la salicorne, et des oiseaux de toute taille et de toute couleur, l’aigrette blanche, le héron gris, le cormoran noir, le flamant rose, le goéland et même, non loin, la cigogne blanche, l’ibis sacré ou le cygne sauvage...

Et le canal est là, tout proche, pas inaccessible, non, mais dissimulé; on passe au-dessus et on l’ignore, on le longe sur des kilomètres sans même le voir, on sait qu’il existe, mais on l’a oublié... Dans ces pages, le canal du Rhône à Sète est réhabilité : il est décrit, montré, dans son intimité sinon dans tous ses secrets; s’il y a un souhait à formuler, c'est qu’il reste tel qu’il est pour les lustres à venir.

Et si vous êtes arrivé jusque là, il ne vous reste plus qu’à découvrir le plaisir de se promener sur ses berges, à pied ou en vélo.